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02.12.2011

Guindaille: Austérité, c'est le nom que je voudrais te donner ...

Dans la journée, j'ai perdu mon travail

Et quand arrivent les factures,

Il me reste, dans un grand ciel, les étoiles.

Dans les rues je vois marcher tous ces gens

poussés dehors par la vie

Comme ces employés qui ont reçu leur C4.

 

{Refrain:}

Austérité,

C'est le nom que je voudrais te donner.

Austérité,,

C'est le nom que je voudrais nous donner.

 

Dans les rues je vois marcher tous ces gens

poussés dehors par la vie

Comme ces employés qui recoivent leur C4.

Dans la journée, j'ai perdu mon travail,

Puis je reviens dans la ville.

Il nous reste, sur un drapeau bleu, les étoiles.

 

{au Refrain}

 

Je voudrais bien, un jour, tout te donner,

Tous les jours, toutes les nuits,

L'argent, le travail des vacances à Salou 

Dans la journée, j'ai perdu mon travail,

Et quand arrive la nuit,

Il me reste, dans un grand ciel, mon C4.

 

Austérité,

C'est bien tout ce que je peux te donner.

Austérité,

C'est le nom que je voudrais te donner.

Austérité,

C'est bien tout ce que je peux te donner.

26.04.2011

Guindailles

Le Dictionnaire des belgicismes propose au mot guindaille : "Sortie joyeuse d'étudiants, surtout beuverie, parfois festin". A Louvain, "texte satirique dans une réunion d'étudiants". Existent aussi le verbe guindailler et le nom guindailleur. Ces termes semblent officialisés dans les années 1910. Guindaille est un mot wallon d'argot estudiantin qui a fait son apparition en 1880. On pense généralement qu'il s'agit d'une altération du mot godaille, qui désignait au XIIIème siècle une 'sorte de bière", et au XVIème siècle "une mauvaise bière". Au siècle suivant, on trouve la locution faire godaille, qui veut dire "se livrer à une débauche de table". Le mot godaille semble provenir du moyen néerlandais goed ale, soit "une bonne bière", mots auxquels le suffixe aille donna un sens péjoratif (comme fer et feraille, etc.). Le mot godaille aurait subi une altération sous la double influence du picard et du wallon guinse, signifiant "beuverie". Ce peut être aussi un dérivé de guindal, qui, à la moitié du XIXème siècle, est un "verre à boire". Faire guindal se traduisait par "trinquer" dans l'argot des étudiants de la fin du XIXème siècle. En 1888, G. Rosnel écrit dans Histoires estudiantines : "Sur sa tête, il portait sa vieille casquette d'étudiant aux insignes vert-de-gris. Le vernis de la visière s'était craquelé et, sur la coiffe, la bière des guindailles passées avait tracé des ronds concentriques d'une couleur indécise."



Jacques Mercier in Le français tel qu'il est parlé chez nous

11:31 Écrit par VanLoch dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

13.03.2011

Le cortège de la Saint-Torê, héritier d’une longue tradition estudiantine

Le cortège du mardi de la Saint-Torê est l’héritier d’une très ancienne tradition estudiantine : les cortèges, sorties-collectes et autres cavalcades philanthropiques.

 Dès le milieu du 19e siècle, alors que notre Université est à peine trentenaire, les étudiants donnent des sérénades, concerts accompagnés ou non de voix (chants) se faisant la nuit sous les fenêtres de quelqu’un que l'on veut honorer ou divertir. 

Pour se rendre à la demeure du jubilaire, très souvent le Recteur de l’Université, les étudiants se réunissent et forment un cortège. L’existence de ces sérénades nous est souvent connue car elles occasionnent des « débordements » relatés aux autorités académiques par le Commissaire en chef de la Police ou encore le préposé à la collecte des droits de passage. 

A cette époque en effet, lors du passage d’un pont, on est redevable d’un droit de barrière que les étudiants refusent bien évidemment d’acquitter en forçant le passage au pas de course, musique en tête… Frère-Orban, en supprimant ce droit de barrière, les sortira de l’illégalité.

A l’occasion de ces sérénades, le Recteur reçoit, en sa demeure, les délégations d’étudiants et leur offre quelques boissons, chose que l’on a bien mal à imaginer aujourd’hui…  

Ces hommages connaîtront parfois quelques excès folkloriques : prise d’assaut de la  maison du Recteur, ruée dans les appartements, pillage des salons, disparitions de bouteilles de champagne ou de vin, vidage de boîtes de cigares « avant que d’avoir parcouru un mètre », servantes inquiétées et caves « violées » font l’objet des récits enthousiastes des chroniqueurs estudiantins de jadis.

La célébration de la rentrée académique va évoluer lentement.  Réunis place Cockerill et porteurs pour la plupart de lanternes vénitiennes, les étudiants se forment en cortège. En tête un corps de musique et le drapeau de l’Université, suivent les drapeaux des associations et les étudiants, casquettes verte, blanche ou noire uni ou multistellaires. Après avoir parcouru les quartiers du centre ou d’Outremeuse, le cortège se rend à la demeure du Recteur.  La tradition de la « sortie de rentrée académique » prend cette forme vers 1890.

En 1871 cependant, la foire du boulevard d’Avroy voit ses dates modifiées.  Elle ouvre le premier dimanche d’octobre et ferme le premier dimanche de novembre, après la fête de la Toussaint.  Ce changement permet aux étudiants d’inclure le champ de foire dans leurs pérégrinations nocturnes de la rentrée académique.

Avec le temps, les attractions deviendront le but unique de la sortie. Après la Première Guerre, la sérénade au Recteur est progressivement abandonnée pour la seule visite aux baraques foraines.  La « Sortie de rentrée » prend définitivement la forme d’une « Descente sur la foire » dont la dernière édition aura lieu en 1986.

Loin d’être les ancêtres de la collecte pour l’œuvre de la soif que pratiquent les étudiants actuels à l’occasion de la Saint-Nicolas, les cavalcades et sorties-collectes ont un caractère philanthropique. Au 19e siècle, l’inexistence d’une aide sociale publique et organisée entraîne la création de toute une série d’œuvres caritatives. Les étudiants liégeois organisent des collectes au profit d’associations qu’ils parrainent, mais aussi lorsqu’une  catastrophe minière ou une inondation accable une partie de la population, liégeoise ou non.

La bienfaisance estudiantine s’exprime dès 1864 par l’organisation d’un concert, mais en 1878, elle prend la forme d’une cavalcade qui parcourt joyeusement les rues de la ville. 

 Sauf – c’est compréhensible – lorsqu’elles visent à collecter des fonds à la suite d’une catastrophe, ces sorties-collectes vont progressivement prendre place à un moment précis du calendrier, la mi-carême.  A la fin du siècle, les cavalcades sont presque exclusivement données au profit de l’Oeuvre des Convalescents sans ressources créée par les étudiants en médecine en 1891.

Qui dit cavalcade dit aussi chars représentants les divers cercles participants. A travers le temps, on retrouvera les Ecoles Spéciales représentant l’industrie minière, la médecine représentant l’hôpital de Bavière, des carabins siégeant armés des nombreux attributs de leurs fonctions, des apothicaires du 15e ou du 16e siècle représentés par l’Association des étudiants en pharmacie, etc.

Les événements de la vie estudiantine seront aussi mis en scène comme ce char constitué d’une cage enfermant deux étudiants surveillés par un policier (1907). 

La tradition reprendra après le premier conflit mondial, toujours au profit de l’Oeuvre des Convalescents.

En novembre 1947, écoeuré par le fanatisme anticlérical et le « minimalisme » folklorique de la Saint Verhaegen des étudiants de l’Université Libre de Bruxelles, André Fiévet, Président de la Commission Folklorique annexée à l’Association Générale, lança l’idée d’une fête estudiantine à l’Université de Liège où toutes les idées seraient respectées et où seul le folklore avait à gagner.

Il fallut attendre un peu moins de deux années pour voir cette festivité prendre son envol. Renouant avec l'usage du défilé de la mi-carême, le premier cortège de la Saint-Torê eut lieu le 17 février 1949.  Le premier char annonçant fièrement « On collecte pour les œuvres de l’AG ».

A l’origine, le culte «  torêbachique » se présente donc bien comme l’héritier des cavalcades caritatives.

Bien que la collecte en ait actuellement disparu et que les cérémonies soient organisées au mois de mars depuis 1983, la Saint-Torê actuelle en est également la descendante éloignée, par ses chars et le souhait des étudiants de marquer, dans leur ville, leurs différences.

Un article de Michel Péters, Historien de formation, Président d’Honneur de l’Association Générale des Etudiants Liégeois. 

06.12.2010

Saint-Nicolas endeuillée, la fête continue.

Encore un décès, du sans doute au mélange de l'alcool et de l'inconscience. Au retour de guindaille, un jeune a été fauché par un train aux environs de Sclessin. En compagnie d'un ami, il cheminait par les voies.

Le recteur de l'ULg regrette que les festivités soient maintenues. 

Que la fête de Saint Nicolas organisée soit maintenue est une évidence sécuritaire et organisationnelle.

Il ne faut pas transformer le public d'un grand évènement en troupeau errant dans une ville. Certains étudiants venus d'autres villes ne sont peut-être même pas encore au courant, et on annule pas un évènement pareil. Les étudiants se rabattraient sur le Carré ou le village de Noël qui ne seraient pas en mesure de les absorber sans soucis. Toutes proportions gardées, au Heysel, le match a été joué. 

Que l'envie de continuer à faire la fête soit moralement discutable, est un fait, mais le respect peut-être témoigné par des instants de recueillements, minutes de silence, et surtout, ... surtout une grande attention portée à soi-même et aux autres dans les moments d'ébriété ou de débordement.

 

 

20:47 Écrit par VanLoch dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

12.11.2010

Avertissements relatifs au baptême.

 

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14:31 Écrit par VanLoch dans Baptême | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |

21.10.2010

Le baptême estudiantin, hier comme aujourd’hui, est un rite d’initiation

par Michel Péters, jeudi 21 octobre 2010

Ces dernières semaines, des critiques se font jour sur les organisations folkloriques estudiantines.  Entre interventionnisme douteux (et antidémocratique ?) dans le fait associatif et négation de l’existence de certaines dérives, il semble opportun de remémorer quelques notions…

Le folklore est un fait social. Il y a, en effet, folklore, dès qu’un groupe social — quelle que soit sa taille — ne partage pas toute la culture dominante (qu’il veuille ou ne puisse le faire) et secrète ou continue une autre culture dont la fonction est de traduire l’identité du groupe. 

En ce sens, le folklore estudiantin est remarquable : les étudiants constituent un groupe social qui, bien que participant à la culture dominante, a ressenti le besoin de se créer une culture propre, avec des croyances, des rituels, des narrations, de la musique, des costumes particuliers, etc., et dont la fonction est de lui assurer une identité, ainsi que de lui permettre tout un jeu de différenciations à l’échelle locale.          

Tout groupe social vivant dans un univers clos cherche à rendre la vie communautaire plus supportable en s’en affranchissant occasionnellement et symboliquement. La guindaille est cette « soupape de sécurité » dans le monde estudiantin. Elle est une moquerie collective qui bloque momentanément le fonctionnement du système pédagogique et de l’ordre social. Elle réussit un instant à désacraliser l’ordre établi symbolisé par le professeur, le bourgeois ou l’autorité en les ramenant au niveau de l’humanité.

Paradoxalement, le rituel ludique de la guindaille est une manière d’intégration et de réaffirmation de l’ordre social car il est momentané.  Une fois terminé, tout rentre dans l’ordre. Le folklore étudiant tient dès lors plus de l’intégration que de la subversion puisque quand la fête est finie tout recommence « comme avant » ; on engrange pour plus tard des souvenirs épiques qui seront ressassés, racontés, améliorés, prêts à ressortir lors d’une soirée d’anciens ou d’un souper de famille.

Dans les rituels estudiantins, le baptême universitaire est difficilement explicable par les seules nécessités de l’existence matérielle ou celles de l’adaptation de l’homme à son milieu.

Le néophyte universitaire débute son existence folklorique par une cérémonie qui s’est fortement enrichie au fil des décennies. Le nom de la célébration couvre toute une série d’activités qui s’étendent sur une période de plusieurs semaines. Pendant ce temps, le bleu est accueilli, parrainé, initié aux chansons, mais aussi à la boisson et au respect des anciens. Toutes ces épreuves ont pour but sa formation folklorique et sa progressive intégration dans le groupe et, au-delà de celui-ci, dans la collectivité universitaire.

Toutes les définitions concourent à affirmer que l’initiation est toujours un processus destiné à réaliser psychologiquement le passage de l’être d’un état, réputé inférieur, à un état supérieur. Un cérémonial initiatique accompagne l’admission des individus d’un groupe à un autre. Les ethnologues s’entendent pour dire qu’il comprend des rites de séparation, de marge et d’agrégation. Les premiers arrachent le futur initié à son monde pour l’introduire dans le nouvel univers ; les rites de marge, de durées variables, comprennent tout un ensemble de brimades, mais également une resocialisation de l’individu ; enfin, les rites d’agrégation ont pour but de réintégrer le nouvel être dans la société avec son statut définitif.

Ces composantes essentielles du rite d’initiation sont présentes dans le baptême universitaire :

  • pour l’étudiant, les rites de séparation sont loin d’être symboliques : attitude volontairement irrespectueuse ou moqueuse des anciens ; utilisation du terme générique « bleu », position déférente du « gueule en terre » sont des marques évidentes de la volonté d’arracher le bleu à son ancien milieu pour le projeter dans un nouveau monde qu’il doit découvrir.
  • les rites de marge sont les plus nombreux et les plus visibles. Les épreuves imposées au bleu sont diverses et multiples.  Elles connaissent une évolution parallèle à celle des mœurs et mentalités ; c’est une période de « dressage » qui fait passer le bleu de l’autorité parentale à l’autorité des anciens étudiants et qui a pour but d’assurer la conservation des coutumes ancestrales. A côté de ces épreuves, il y a une resocialisation du bleu dont le caractère d’instruction (chants, histoire du folklore, etc.), de transmission des connaissances (coutumes) et d’éducation morale (contrôle de soi, fraternité entre les candidats qui vivent ensemble les mêmes épreuves) est indéniable.
  • enfin, le nouvel étudiant est réintégré dans la société « un peu moins beau physiquement, un peu plus beau moralement ». Les rites d’agrégation, certes moins perceptibles dans le monde estudiantin, peuvent néanmoins s’illustrer par l’octroi du diplôme de baptême ou le droit de porter une penne.  De plus, une fois la cérémonie accomplie, l’ex-bleu participe, à l’égal des anciens, à la guindaille.

L’évolution des épreuves imposées aux néophytes comme rites de marge atteste que le folklore estudiantin ne vit pas indépendamment de la société, mais change avec elle et les individus qui la composent. La  relation d’antériorité entre le tout symbolique baptême de la casquette que l’on remplit de bière à la fin du 19e siècle, et le bain de sang qui termine la cérémonie initiatique ces dernières années, est évidente. Le rite actuel s’est formé au cours des décennies par une addition successive d’épreuves et l’abandon d’autres.

Une fois arraché à son milieu, l’étudiant est instruit, initié aux « mystères » de sa nouvelle société. Les leçons de chants et autres rallye-cafés durant lesquels le bleu se familiarise avec les pratiques courantes de ses aînés tiennent d’une volonté de resocialisation et d’intégration indéniable.  Il n’en était pas différemment au 19e siècle.

Aujourd’hui comme hier, n’en déplaise à certains qui pêchent par méconnaissance, le baptême universitaire est un rite d’initiation.

Michel Péters
Historien de formation
Président d’Honneur de l’Association Générale des Etudiants Liégeois

26.03.2010

Le baptême fait débat !

Il y a quelques jours, un petit buzz a agité le petit monde facebookien des anciens guindailleurs (et même quelques journaux).

L'élément initiateur, fut un accident tragique, avec le décès d'un étudiant tombé dans la Meuse au retour d'une guindaille. Interpellé à propos des baptêmes,le recteur, Bernard Rentier a tout d'abord eu un billet soufflant du chaud, du tiède et du froid: http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=476

N'étant pas adepte du shopping argumentaire à la carte, je vous invite à lire les billets et les commentaires sur le site de leur auteur.

Heureusement, ce billet a finalement initié un excellent débat avec une prise de position intelligente, lucide et claire sur la question:http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=536

En ce qui concerne le baptême vétérinaire, qui avait été égratigne dans les commentaires (notamment par moi) après "enquête", il semble que la situation a évolué et n'en déplaise à certains qu'il serait devenu plus "liégeois" par certains aspects. Notamment les pressions et discriminations subies par les chroniques ne sont qu'un lointain souvenir d'un passé peu glorieux, qui a, dans le temps, rejailli sur les autres comités ...

Bien sûr, l'obligation imaginaire servant d'excuse devant les parents effrayés(*), le refus d'accès à des soirées privées et le fait de ne pas bénéficier de la primeur de certaines infos par manque de proximité/affinité avec les "petits-malins-tjs-bien informés" alimente encore le mythe, mais on est loin d'une véritable discrimination. Il s'agit bien plus d'une difficile cohabitation.

* Le classique: JE NE VEUX PAS QUE TU FASSES TON BAPTEME, TU VAS EN KOT POUR ETUDIER ! - Mais on est obligé ! (qui passe mieux que: Chers parents, j'ai vraiment envie de le faire et je compte bien n'en faire qu'à ma tête !).

Ce billet arrive tard, j'avais, je l'avoue, un peu perdu le fil de ce débat, et j'espère que comme pour d'autres, le folklore et la guindaille ne sont plus qu'une préoccupation "parmi tant d'autres".

11:36 Écrit par VanLoch dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : debat, recteur, bapteme, rentier |  Facebook |